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dimanche 25 mai 2008

Le sorgho, une culture miracle pour l'alimentation et les biocarburants

WASHINGTON (AFP) — Le sorgho paraît être la culture miracle capable de produire en zones semi-arides à la fois du biocarburant et des aliments sans impact néfaste sur le marché alimentaire mondial et l'environnement, ont expliqué lundi des scientifiques travaillant sur un projet pilote en Inde.

"Nous considérons le sorgho à sucre comme la récolte idéale car elle peut à la fois produire de la nourriture et de l'éthanol", a souligné William Dar, directeur général de l'Indian Crops Research Institute for Semi Arid Tropics (ICRISAT), un institut international de recherche à but non-lucratif dans un communiqué.

Le sorgho à sucre (Sorgum bicolor) est la cinquième grande culture céréalière mondiale après le riz, le maïs, le blé et l'orge.

Il pousse dans des terrains secs, tolère bien la chaleur, des sol détrempés ou à forte salinité, des qualités idéales pour la zone semi-aride de la planète où se trouve une grande concentration de pauvreté, relève Mark Winslow, un agronome de l'ICRISAT dans un entretien avec l'AFP.

Cette plante atteint de 2,6 à 4 mètres de hauteur avec des tiges feuillues très riches en sucre permettant de fabriquer de l'éthanol par distillation.

Pour une même surface cultivée, le sorgho consomme deux fois moins d'eau que le maïs pour une valeur nutritionnelle comparable et huit fois moins que la canne à sucre.

De ce fait, le sorgho requiert peu ou pas d'irrigation qui nécessite des pompes à eau coûteuses en carburant fossiles émettant du CO2, le principal gaz à effet de serre, note M. Winslow.

"Avec une bonne gestion, les petits agriculteurs peuvent par exemple améliorer leurs revenus de 20% par rapport à d'autres cultures dans des zones semi-arides comme en Inde", a expliqué William Dar dans un communiqué.

Aux termes d'un partenariat entre la firme privée indienne Rusni Distilleries et quelque 791 agriculteurs de l'Andhra Pradesh en Inde, l'ICRISAT a aidé à construire et à faire fonctionner depuis 2007 une usine d'éthanol à partir du sorgho à sucre produit par ces petits fermiers.

En Inde, un gallon (3,78 litres) d'éthanol produit à partir du sorgho revient à 1,74 dollar, comparé à 2,19 dollars pour la canne à sucre et 2,12 dollars pour le maïs, précise l'ICRISAT.

Des projets développés sur le même modèle de partenariat sont en cours aux Philippines, au Mexique, an Mozambique et au Kenya, précise le document de l'ICRISAT dont le siège est en Inde et qui reçoit des fonds publics de gouvernements.

Les Etats-Unis et l'Union européenne sont également très intéressés par le sorgho pour produire du biocarburant, a indiqué Mark Winslow.

Une grande conférence internationale sur le sorgho sponsorisée par le Ministère américain de l'Agriculture est prévue en août à Houston (Texas, sud-ouest) pour évaluer le potentiel de cette culture pour produire de l'éthanol.

"Je pense que le sorgho va être l'une des deux grandes cultures tropicales" pour produire des biocarburants, ce qui va augmenter les capacités du marché mondial dans lequel la demande excède largement l'offre, estime cet expert.

"C'est un situation gagnante sur toute la ligne" pour les pays en développement en particulier, qui peuvent ainsi économiser l'argent pour importer du pétrole et l'investir dans la culture du sorgho et la production d'éthanol, poursuit M. Winslow.

Selon lui, l'Inde pourrait, avec cent distilleries de capacité moyenne comme celle d'Andhra Pradesh (40.000 litres par jour), satisfaire à ses besoins en carburant.

Contrairement au maïs, l'utilisation de sorgho à sucre pour produire du biocarburant a un impact négligeable sur le marché alimentaire mondial car il est peu demandé.

Le sorgho est actuellement cultivé sur 42 millions d'hectares dans le monde dans 99 pays et les Etats-Unis sont le premier producteur. (AFP, 2008).

jeudi 17 janvier 2008

L’expansion fulgurante des agrocarburants est une tragédie planétaire

C'est tellement préoccupant que je relaie ce message ici :

L’expansion fulgurante des agrocarburants est une tragédie planétaire

Elle conduit en premier lieu à la stérilisation de millions d’hectares de terres agricoles et à l’aggravation tragique de la faim.
Pour faire rouler des bagnoles.

Savez-vous que le quart du maïs américain sert déjà à fabriquer du carburant automobile ?
Une telle révolution a des effets en chaîne sur toutes les céréales et plantes alimentaires, dont le cours explose.

Elle conduit également à la destruction de ce qui reste de forêts tropicales.
En Indonésie, le palmier à huile menace tout à la fois l’homme, l’orang-outan et l’éléphant d’Asie, ridiculisant tous les grands discours sur la biodiversité.
En Afrique, le bassin du Congo est attaqué.

Au Brésil et en Amérique latine, on plante de la canne à sucre ou du soja partout.
Pour remplir les réservoirs au détriment de la forêt et du cerrado, pourtant des écosystèmes uniques.
Les biocarburants sont des armes de guerre et de mort.

Qui les soutient ?
L’agriculture industrielle, les transnationales et tous ceux qui leur sont soumis, dont nombre de journaliste hélas.
En France, je décris un système complexe dont l’un des centres n’est autre que le ministère de l’Écologie de M. Borloo, à travers l’Ademe et un organisme méconnu, Agrice.
À quelques semaines du " Grenelle de l’Environnement ", cela mérite d’être discuté.
Mais je n’oublie pas tous les autres, y compris certains "écologistes" fort mal inspirés.

Car les biocarburants, comme je le montre, et malgré de rares études manipulées par lobby, ont un bilan écologique désastreux, qui aggravera l’effet de serre, quoi qu’en dise la propagande. Et en France, leur développement signe la fin de la jachère, refuge de la faune banale, des oiseaux et petits mammifères.

Au fait, savez-vous qu’une usine du Havre transformera dès 2008 des animaux en biocarburants ? Et qu’on tente de faire pousser, par génie génétique, des arbres mous, permettant d’extraire leur cellulose, matière première des biocarburants ?

Ce monde est fou, et sans la moindre morale. J’ai fait ce que je pouvais, c’est-à-dire mon job. Pour tenter d’arrêter cette insupportable machine, j’en appelle solennellement à vous. Agissez ! Agissons ensemble.

de Fabrice Nicolino
1er septembre 2007
Journaliste (à Terre Sauvage et à La Croix), après avoir travaillé pour Politis, Géo, Le Canard Enchaîné, Télérama, Fabrice Nicolino est co-auteur, avec François Veillerette, du livre " Pesticides, révélations sur un scandale français " (Fayard, 2007). Il publie le 3 octobre chez Fayard un livre intitulé " La faim, la bagnole, le blé et nous, une dénonciation des biocarburants »